Répondre à : Villes et énergies renouvelables (SEL 23 et 30 avril 2020)

#14443
Modérateur IFDD
Modérateur

QUESTIONS ET RÉPONSES ADDITIONNELLES (nous rappelons que seules les questions non traitées en direct sont incluses ici; nous ne répétons pas ce qui a été discuté pendant la période de discussion)

Quels exemples de villes africaines avec
– valorisation énergétique de déchets urbains?
– production d’électricité et injection dans le réseau?
– mobilité « verte »?
Où trouver l’info?

Rana : Vous pourrez trouver des exemples sur le site internet de REN21 : http://www.ren21.net/cities

Comment résoudre le dilemme engendré par la nécessité, pour les bailleurs de fonds, de soumettre des projets de taille importante, et les limites des villes en termes de capacité de gestion de projets, pour lesquelles souvent seuls des petits projets sont possibles?

Rana : La coopération est essentielle :
• Les villes peuvent coopérer avec d’autres villes afin d’avoir une demande plus importante : Exemple : Melbourne (Australie) a dirigé un consortium de 14 organisations pour aider à financer la construction d’un parc éolien de 39 turbines à environ 180 kilomètres au nord-ouest du centre ville ; le projet fournit maintenant les hôtels de ville, les agences bancaires et l’éclairage des rues autour de la ville
• Coopération entre les villes et leurs banlieues, les zones rurales qui les entourent
• Coopération entre les différents niveaux de gouvernement
Par ailleurs, en ce qui concerne les accords d’achat d’électricité : de plus en plus de villes dans le monde utilisent des accords d’achat d’électricité pour se procurer de l’électricité renouvelable. Ça peut ainsi bénéficier d’économies d’échelle et de prix de production bas

Marcienne : Je milite en fait pour investir à booster l’accompagnement du développement urbain en vue d’aller vers des coopérations soutenables. Des personnes à même de faciliter la création des espaces de coopérations soutenables ainsi que les processus qui s’y déroulent. Des facilitateurs urbains pour aider les villes à questionner autant les opportunités, les challenges qu’à refléter leurs propres capacités et capabilités.

En termes d’accès aux énergies renouvelables, est ce qu’il y a une disparité entre les villes d’Afrique subsaharienne francophone et anglophone ? Si oui, pourquoi?

Marcienne : Je ne me suis pas vraiment encore intéressée par la question mais les exemples de Capetown et des villes du Nigéria montrent qu’il y’a plus d’avancée dans ces pays. Je peux avancer l’argument du type de partenariat mais surtout du contexte évolutif des énergies renouvelables et du poids de l’investissement privé national.

Stéphane : Oui et non… pour les questions villes il s’agit plutôt de dynamiques nationales et de dynamiques territoriales… mettre en avant des pays est toujours délicat mais, par exemple, on pourrait parler de l’Afrique du Sud, du Benin ou encore du Maroc et du Sénégal… les choses bougent mais la complémentarité nationale territoire et le dialogue structuré entre les différents échelons reste le point d’entrée pour que les choses bougent. Nos expériences témoignent d’une appétence un peu partout.

Les villes ou autres collectivités n’ont pas vraiment les compétences techniques requises, en particulier pour l’opération et l’entretien. Il arrive souvent que les installations deviennent défectueuses juste après le début de l’exploitation. On le voit bien avec l’éclairage public. Qui devrait alors se charger de l’opération et l’entretien?

Marcienne : Difficile d’y répondre car ce sont des contrats et des articles spécifiques définissent les rôles des co-contractants. L’entretien revient au co-contractant désigné comme tel. Ce qui serait intéressant vu que les challenges interviennent juste après la mise en service, il faudrait rajouter une clause d’accompagnement technique minimale d’un an pour permettre une prise en main et un renforcement de capacités des services techniques des villes

Stéphane : Il faut d’une part accompagner la monte en puissance des gouvernements locaux tout en renforçant le tissu local entrepreneurial avec une approche basée sur la performance. ENERGIES 2050 a mis en place de nombreux cadre de coopérations de ce type. La compréhension de l’organisation ne peut se faire que dans un cadre concerté et transparent.

Quel pourrait être le rôle des rentes tirées de l’exploitation des énergies non renouvelables (pétrole et gaz par exemple) dans la promotion des énergies renouvelables dans les villes des pays concernés par cette exploitation? Connaissez-vous des exemples où cela est appliqué?

Marcienne : Au Cameroun, on est dans un système de péréquation, difficile de tracer effectivement. Pas d’exemple en vue et ça m’intéresserait bien de recevoir une réponse plus claire que la mienne.

Stéphane : Il existe là aussi de nombreuses dynamiques… il y a une foule d’initiatives de sortie des subventions aux énergies fossiles. Sans pouvoir les citer de manière exhaustive on citera la L’initiative mondiale de réforme des subventions avec un axe particulier sur les fossiles pilotée par IISD. ENERGIES 2050 est en train de mettre en place une Task force avec la Suisse sur ces questions spécifiquement sur l’Afrique (déjà plusieurs rapports et réunions à l’occasion des COP). De nombreux pays ont déjà des stratégies. Par contre, il y a encore peu d’expériences où les villes et les territoires exploitent cette transition sauf lorsqu’elle est à l’origine du changement mais la question reste le cadre d’organisation de la collecte des taxes… un sujet qui doit évoluer très vite car fondamental dans les dynamiques à mettre en place.