Répondre à : Villes et énergies renouvelables (SEL 23 et 30 avril 2020)

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Modérateur IFDD
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QUESTIONS ET RÉPONSES ADDITIONNELLES SPÉCIFIQUES À BE2EUP-Cameroun (nous rappelons que seules les questions non traitées en direct sont incluses ici; nous ne répétons pas ce qui a été discuté pendant la période de discussion)

Au Cameroun, l’énergie hydroélectrique est peu coûteuse. Les ER peuvent-elles vraiment pénétrer dans le marché des villes, puisque celles-ci sont plutôt bien connectées au réseau?
Marcienne : L’hydroélectricité est considérée comme une énergie renouvelable. Je n’aborderai pas la question d’entrée de jeu en terme de comparaison puisque malgré le potentiel hydroélectrique en cours d’exploitation au Cameroun, les besoins, la qualité du service et la jouissance sont loin d’être garantis à 100% dans les villes non pas à cause de la production mais en majeure partie par la capacité des infrastructures de transport et du réseau unique de distribution encore en développement. Donc on peut s’hasarder à dire que les villes camerounaises sont en sous-investissement en matière d’énergie dans l’ensemble et en matière d’énergie renouvelables en particuliers.
Pendant le webinaire, les intervenants, y compris moi-même, avons abordé la territorialisation de l’énergie. La demande en énergie est diversifiée dans les villes. De ce fait, chaque demande, induit une réflexion opportune pour explorer quelle énergie renouvelable promouvoir pour y répondre sur le court moyen et long terme ; à un moindre coût sur toute sa chaine de valeur.
C’est à ce niveau que j’invite à la comparaison. Plusieurs données d’entrées peuvent être développés par axes [sans oublier que chaque axe a/aura une valeur pécuniaire à lui attribuer] : sécurité énergétique, efficacité énergétique, sobriété énergétique, potentiel de mix énergétique, qualité du service, impact environnementaux, etc. ; en plus des coûts de production, de maintenance, de rentabilité, etc…. Sur cette base, on peut arriver à des coûts d’opportunités objectifs à comparer pour chaque énergie.

Mon intervention s’oriente sur les difficultés de Eneo à résoudre le problème de demande en électricité au Cameroun. Cela ne devrait-il pas représenter une opportunité pour développer le secteur des énergies renouvelables, notamment par un partenariat avec des petites unités de production ?
Marcienne : Oui je partage cet avis en totalité et c’est un des leviers à portée de mains qu’ont les villes pour aller vers l’innovation. Par contre, j’aimerais nuancer le mot partenariat qui est très englobant et qui parfois ne repose que sur un MOU. Les partenariats doivent être l’une des externalités de la démarche visant à comprendre la complexité de la dynamique de la demande, de l’offre, des investissements, etc en matière d’énergie dans un territoire urbain pour explorer toutes les niches d’opportunités possibles. Quelles interrelations, influences, connectivités, conflits, opportunités etc. ; entre les énergies dans un territoire urbain et les autres systèmes de la ville? Il est plus que jamais avant-gardiste pour les villes Camerounaises, d’avoir des Pools « Recherches et développements » pour aller vers des coopérations soutenables.

Le foisonnement d’opération d’aménagement tout azimut est une situation qui pourrait conduire à un de ces exemples de coopération/partenariat à développer par les villes, c’est celui entre les promoteurs immobiliers et les services de délivrance des actes d’urbanismes pour imaginer ensemble l’opportunité, d’inclure des objectifs énergétiques avant la signature de ces derniers. Ceci reviendrait à répondre à la question quelle opportunité pour les énergies renouvelables y compris de cuisson dans un R+10 à vocation habitat collectif, quels bénéfices d’être en autonomie énergétique et aller vers les smart-grids sur un rayon de x.km?

Y-a-t-il des expériences de production et usage de charbon vert, ou biocharbon ou encore charbon ecolo, issu des déchets organiques, au Cameroun? Est-ce approprié pour les villes?
Marcienne : https://www.facebook.com/Kemit.Ecology/?fref=ts
Les usages du charbon vert sont multiples y compris cosmétiques et sont appropriés pour les utilisateurs urbains. Cependant, comment s’insère leurs produits par exemple « charbon écolo pour la cuisson dans un immeuble, dans un pâté de maison d’une part et, d’autre part, quels sont les impacts environnementaux positifs et négatifs si l’usine de production est implantée en milieu urbain.
Ça en appelle à une nouvelle forme de besoins auxquels répondre dans l’architecture et le bâtiment urbain d’une part et possiblement à une différenciation des usages dépendamment de si l’on se trouve dans un bidonville ou dans un quartier moyen ou haut standing. Une réflexion, si vous habitiez bastos à Yaoundé ou Bonanjo à Douala dans un immeuble collectif, utiliseriez-vous le charbon écolo pour la cuisson? Ou encore dans ce qui est communément appelé au Cameroun les « camps sics »?