Répondre à : Santé humaine et biodiversité (SEL 7 juillet 2020)

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Modérateur IFDD
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Voici les QUESTIONS ET RÉPONSES ADDITIONNELLES EN LIEN AVEC LE SÉMINAIRE “SANTÉ HUMAINE ET BIODIVERSITÉ”.

Nous vous rappelons que seules les questions non traitées en direct sont incluses ici; nous ne répétons pas ce qui a été discuté pendant la période de discussion avec les experts, disponible dans l’enregistrement YouTube et les diapositives.

Question : Quelle est la situation actuelle de la recherche sur l’artemisia, à Madagascar?
Réponse CLAUDINE RAMIARISON : Les recherches sur l’artémisia, bien sûr continuent dans le contexte actuel. Les principes actifs sont connus. Il en est de même de certaines plantes médicinales pouvant notamment y être associées. Les recherches sur les plantes médicinales, d’une manière plus étendues, continuent, avec un certain nouveau souffle donné par les résultats récents. Madagascar dispose de centres de recherche nationaux et de laboratoires dans les universités aussi bien dans la capitale, Antananarivo, que dans les régions qui permettent de prendre en charge les recherche dans ce domaine.

Question : Le tourisme croissant est-il un danger de contamination…surtout le contact avec les animaux doux ?
Réponse SERGE MORAND : Clairement, l’augmentation des échanges, avec la mobilité humaine et celles des animaux et des productions agricoles, est un facteur de risque pour les pandémies (santé humaine, santé animale, et des plantes).
Nous avons résumé cela sur un préprint avec le papier en révision pour Nature Sustainability: “The accelerated infectious disease risk in the Anthropocene: more outbreaks and wider global spread” https://www.biorxiv.org/content/10.1101/2020.04.20.049866v1

Question : En matière pénale, on parle d’Interpol pour les poursuites judiciaires contre des actions criminelles. Ne serait-il par important de mettre sur pieds une « police » pour poursuivre le non-respect des conventions?
Réponse SOPHIE LAVALLÉE : Interpol est sollicitée et contribue à la surveillance du respect des lois nationales sur le commerce des espèces sauvages menacées d’extinction que les pays ont adopté pour se conformer à leurs obligations en vertu de la Convention CITES. si Interpol intervient dans le cadre de cette convention, c’est que les pays qui ont ratifié cette convention ont accepté que leurs douanes soient un moyen de mise en oeuvre de cette convention. Ce n’est pas le cas des autres conventions environnementales qui ne touchent pas le commerce international. Seuls les États à une convention environnementale donnée peuvent consentir à utiliser un mécanisme de surveillance ou un autre. Interpol ne peut en aucun cas se déclarer compétent par lui-même.

Question : Étant donné que le droit international n’a pas réglementé à ce jour la conservation de la nature (protocole comme Nagoya), quelle solution pour les États au niveau de leur législation?
Réponse SOPHIE LAVALLÉE : L’environnement est souvent le parent pauvre des domaines d’intervention politique et législatif dans les États. Aucune obligation internationale n’exige qu’un État intervienne pour le respect de la nature en général sur son territoire. L’État est libre de faire respecter les lois environnementales qu’il veut bien adopter. La seule limite à cela est lorsqu’il ratifie une convention ou un Protocole international. Alors, il doit en respecter les dispositions et modifier ses lois en conséquence, pour les faire respecter sur son territoire.

Question : Quel lien entre la pandémie COVID et les changements climatiques ? (ce sujet fut soulevé par de nombreux participants)
Réponse SERGE MORAND : Pas de lien direct établi, par contre, les anomalies de variabilité climatique pourraient être en cause comme pour les précédentes émergences de virus provenant de chauves-souris
Voici un article (encore en évaluation) sur le sujet: Serge Morand, Alice Latinne: The emergence of SARS-CoV-2: is the emergence of bat-borne viral diseases driven by El Niño Southern Oscillation (ENSO) anomalies?
Short description: Climate variability is a known driver of infectious disease emergence and epidemics. Our analysis demonstrated that the emergence of most bat-borne viral diseases in Asia-Pacific and the Arabian Gulf, including SARS-CoV-2, was associated with El Niño Southern Oscillation climate anomalies.
Attention, cette étude n’a pas encoré été expertisée par les pairs scientifiques, mais si elle est publiée, il faut aussi savoir que le changement climatique en cours a un fort impact sur le ENSO (plus d’évènements sont attendus dans les prochaines décennies)