Répondre à : Synergies d’action entre les conventions de Rio (SEL 1er sept 2020)

#15179
Modérateur IFDD
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Voici la seconde série de QUESTIONS ET RÉPONSES ADDITIONNELLES EN LIEN AVEC LE SÉMINAIRE “SYNERGIES D’ACTION DES CONVENTION DE RIO”.

Question : Disposez-vous d’autres exemples de synergies d’action intéressantes, dans d’autres pays que le Burkina Faso?
Réponse de NABIL BEN KHATRA : Le projet RICOWAS « Accroître la production de riz résilient au climat en Afrique de l’Ouest » en cours de développement met en évidence les synergies entre les conventions de Rio. La note conceptuelle de ce projet régional visant 13 pays de la zone CEDEAO a été endossée par le Fonds d’Adaptation, qui fait partie des mécanismes financiers de la CCNUCC. A travers ses activités de promotion des techniques de conservation des eaux et des sols et de renforcement des capacités en matière de culture du riz résiliente au climat, ce projet va contribuer aux objectifs des trois de Rio dans les pays visés notamment :
• CNULCD : conservation des sols à travers la promotion de la GDTE ;
• CDB : maintien de la diversité biologique à travers l’utilisation des espèces locales et promotion des fertilisants naturels ;
• CCNUCC : diminution des émissions de méthane liées à la culture du riz.

Question : Le genre constituerait-t-il une synergie entre les trois conventions? Des actions de synergies autour du genre sont-elles promues?
Réponse de NABIL BEN KHATRA : La communauté internationale reconnaît aujourd’hui l’importance de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes, comme étant un but et un moyen de promouvoir le développement durable des pays, dans le cadre d’une synergie entre les 3 conventions de Rio.
En effet, la promotion et la prise en compte de l’équité et de l’égalité des genres se manifeste au niveau de ces trois conventions, par (i) la reconnaissance d’un partage juste et équitable des ressources génétiques (CDB), (ii) la participation des femmes et des hommes dans la vie rurale sur un pied d’égalité (CNULD), et (iii) la prise en compte dans les réponses au changement climatique, des conséquences pour les groupes vulnérables, en particulier les femmes et les enfants (CCNUCC).
L’intervention de l’OSS intègre les préoccupations de ces trois Conventions, tout en tenant compte, de façon transversale, de la question du genre. En effet, et dans le cadre des projets qu’il mène dans sa zone d’intervention, l’OSS a très tôt mis en place une politique genre qui appuie les solutions globales qu’il apporte pour une gestion rationnelle et équitable des ressources naturelles.
C’est essentiellement au niveau local, où se réalisent les activités concrètes, que le genre, préoccupation transversale est intégré à tous les programmes. La contribution de l’OSS se situe au niveau des activités de sensibilisation, de renforcement des capacités, de suivi- évaluation, de l’échange d’informations, et de la mise en réseau de bases de données.

Question : Comment mettre en place une base de données communes opérationnelles à ces différentes conventions?
Réponse de NABIL BEN KHATRA : Pour la mise place une base de données commune opérationnelle à ces différentes conventions il faut :
• Mettre en place un mécanisme unique chargé de la collecte, de la saisie et de la vérification des données nécessaires à l’alimentation de la base de données des indicateurs. (Approche géo spatiale) ;
• Développer des indicateurs écologiques et sociaux communs combinant la désertification, la biodiversité et les changements climatiques ;
• Converger vers un seul type de rapport ou développer une section harmonisation /synergie dans les différents rapports.

Question : Est-ce que la CNDD en tant que organe de consultation n’est pas freinée dans son travail puisqu’elle est sous l’autorité du département principal en charge de l’environnement?
Ne serait-il pas mieux de le rendre autonome ou de mieux, la mettre sous la tutelle de la primature?

Réponse de DO ÉTIENNE TRAORÉ: Le Conseil National pour le Développement Durable (CNDD) est un organe de coordination de la mise en œuvre des outils de Développement Durable (DD), d’impulsion et d’orientation des actions en faveur du DD. A ce titre, il veille à la promotion et à la prise en compte du DD dans les lois et règlements, les programmes et projets de développement, les plans, les politiques, les stratégies ainsi que dans les activités des acteurs étatiques et non étatiques.
Notez que le CNDD est constitué de la Conférence Nationale sur le DD (CANADD) et le Secrétariat Permanent du Conseil National pour le DD (SP/CNDD). La conférence est l’organe suprême du CNDD et comprend le bureau de la conférence (président : premier Ministre et premier vice-président le Ministre de l’environnement) et les membres (membres du gouvernement, représentants de tous les départements ministériels, les gouverneurs des régions, les représentants de l’association des régions, le représentant des associations des municipalités, les représentants du secteur privé, des OSC, des autorités coutumières, des autorités religieuses et des personnes ressources).
Le SP/CNDD est l’organe d’exécution et de la mise en œuvre des missions de la Conférence Nationale sur le DD. Les options proposées dans la question en lien avec son rattachement à la primature à l’image du Niger ont fait l’objet de débats au niveau national. Plusieurs arguments solides ont permis de prendre la décision de son maintien au niveau du ministère de l’environnement qui assure la vice-présidence de la conférence. A ce jour le SP/CNDD n’est pas pas tout à fait freinée dans son travail.