Économie circulaire: agriculture, pertes et gaspillage (SEL 7 oct 2020)

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    • #15895
      Modérateur IFDD
      Modérateur

      Bonjour,

      Le prochain séminaire se tiendra le mercredi 7 octobre 2020. Il portera sur “Reconstruire en mieux par l’économie verte et circulaire : agriculture, pertes et gaspillage alimentaires”.

      Pour vous inscrire, si ce n’est déjà fait : https://attendee.gotowebinar.com/register/2298443705913887500?source=Academie

      Ce forum est à votre disposition pour poser des questions ou partager vos expériences en lien avec le sujet du séminaire.

      Les diapositives et l’enregistrement seront disponibles quelques jours après le séminaire ici.

      À bientôt!

    • #16454
      Nicolas Biron
      Modérateur

      Voici les QUESTIONS ET RÉPONSES ADDITIONNELLES sur le séminaire en ligne «Économie circulaire: agriculture, pertes et gaspillage alimentaires», apportées par les intervenants.

      Nous vous rappelons que seules les questions non traitées en direct sont incluses ici.

      Comment intégrer l’économie circulaire dans les secteurs dans les pays en développements, alors que les habitudes culturelles et sociales favorisent parfois le gaspillage? Comment procéder pour le changement de comportement en milieu rural surtout en Afrique subsaharienne où les populations rurales sont tellement enracinées dans leurs pratiques traditionnelles?

      Réponse Kahitouo HIEN : Il faut simplement mettre l’accent sur la sensibilisation. En effet, il sera plus facile d’intégrer l’économie circulaire dans les différents secteurs d’activités dans nos pays dès lors qu’on arrivera à faire comprendre aux populations que les temps ont changé et qu’il faut absolument changer nos habitudes si nous voulons vivre et léguer un monde meilleur aux générations futures. Il faudrait dans la mesure du possible mettre l’accent sur la formation des enfants et des jeunes afin qu’ils intègrent les principes de l’économie circulaire dans leur quotidien.

      Sur quel aspect de l’économie circulaire l’Afrique a-t-elle plus d’atouts et d’opportunités à saisir?

      Réponse Nicolas Biron : Tous les secteurs économiques peuvent mieux appliquer les stratégies de l’économie circulaire. L’agroalimentaire, le bâtiment, la foresterie, l’industrie manufacturière, l’énergie, en sont des exemples.

      Pensez-vous que la revalorisation des déchets organiques par méthanisation pourrait être une solution durable pour la construction d’économie verte? Y a-t-il des études sur l’impact des biodigesteurs dans la gestion des gaspillages et pertes alimentaires?

      Réponse Nicolas Biron: la valorisation des déchets est effectivement une stratégie d’économie circulaire. Mais cela vient en dernier lieu. Il est préférable, d’abord, de réduire les pertes et le gaspillage (le compostage ou la valorisation énergétique en biogaz ne réduisent pas le gaspillage, mais ils valorisent les déchets). Toutefois, les déchets alimentaires devraient effectivement être mieux valorisés dans une logique d’économie verte et circulaire. Par exemple, voir l’étude sur l’Évaluation du potentiel technico-économique de Production québécoise de gaz naturel renouvelable (GNR) : un levier pour la transition énergétique (2018-2030).

      https://www.energir.com/~/media/Files/Corporatif/Publications/181109_Potentiel%20GNR_Rapport%20synth%C3%A8se.PDF?la=fr

      Pensez-vous que l’économie circulaire pourrait accélérer la transition écologique et énergétique?

      Réponse Nicolas Biron: Oui, absolument! La transition écologique passe, à mon avis, beaucoup par la mise en application des principes de l’économie circulaire.

      Quels sont les pays où l’économie verte apporte des chiffres économiques promoteurs?

      Réponse Nicolas Biron : Tous les pays peuvent bénéficier de l’économie verte et circulaire. Les bénéfices économiques de l’économie verte sont bien démontrés. Le problème est que ces bénéfices peuvent être à moyens ou long terme, ou alors concernes des bénéfices non pris en compte actuellement par l’économie (réduction de la pollution, qualité de l’air, etc.). C’est l’une des principales conclusions qui ressort d’une modélisation macroéconomique du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), réalisée en 2011: « Les résultats de ce rapport indiquent qu’à court terme, la croissance économique dans le cadre d’un scénario vert peut être inférieure à celle d’un scénario de maintien du statu quo. Cependant, à plus long terme (2020 et au-delà), la mutation vers une économie verte donnerait de meilleurs résultats que le maintien du statu quo, selon les mesures aussi bien traditionnelles (croissance du PIB) que plus holistiques (croissance par habitant). Le rapport constate également qu’une économie verte fournirait plus d’emplois à court, à moyen et à long termes que le maintien du statu quo dans un certain nombre de secteurs importants tels que l’agriculture, le bâtiment, la foresterie et le transport » (PNUE, 2011). Le changement de paradigme pour l’économie verte est non seulement rentable, mais il est aussi nécessaire. Par exemple, « avec une population africaine estimée à 2,8 milliards d’habitants en 2060, l’adoption de pratiques de consommation et de production viables à long terme est impérative » (AMCEN, 2019). L’économie verte, pour les entreprises africaines, c’est aussi une question d’accroître la compétitivité et de moderniser l’industrie.

      Comment pouvons-nous jeunes et acteurs de la société civile, contribuer à réduire le gaspillage alimentaire à notre niveau ?

      Réponse de Kahitouo HIEN : En adoptant soit même des comportements qui permettent d’éviter le gaspillage à tous les niveaux et en sensibilisant autant que possible les populations.

      En parlant d’éducation nutritionnelle, pourquoi ne pas organiser une session de formation sur la thématique?

      Réponse Nicolas Biron : Bonne idée! Nous allons envisager cette thématique pour un prochain séminaire.

      Les questions et réponses suivantes sont pour M. HIEN.

      Combien y a-t-il d’intervenants sur la chaîne de production des chenilles de karité?

      Si j’entends par intervenants, les acteurs qui interviennent dans la chaine de production des chenilles de karité, je dirai qu’il y a d’abord ceux qui collectent les chenilles dans la nature pour les revendre aux consommateurs ou à d’autres acteurs. Ce sont principalement des femmes des zones rurales de l’Ouest du Burkina Faso; elles sont plusieurs milliers de personnes. Après, il y a les acteurs du secteur informel qui achètent et stockent les chenilles pour les revendre plus tard lorsque le produit devient rare. Quant aux entreprises formelles qui transforment la chenille de karité, FasoPro est pratiquement la seule au Burkina Faso. Enfin, il ne faut pas oublier les consommateurs qui se comptent par millions.

      Comment développer et rendre accessible les techniques de séchage et de conservation pour sauver nos produits périssables?

      Bien que n’étant pas un expert des systèmes de séchage, je peux dire que c’est le coût de l’énergie qui rend souvent ces systèmes inaccessibles. Il serait préférable de développer plus des systèmes de séchage low-cost qui utilisent les énergies renouvelables (solaire, biomasse, etc.. ).

      Pensez-vous que manger des chenilles frites suffirait largement pour réduire la faim et donc permettre le non gaspillage des autres aliments?

      Pour moi, rien ne devrait être négligé. Toutes les ressources alimentaires disponibles doivent être exploitées judicieusement surtout quand on sait que ce sont des aliments à forte valeurs nutritionnelles.

      En plus de la chenille de karité, y a-t-il d’autres insectes dont la consommation se développe en Afrique?

      En plus des chenilles, les criquets sont également très consommés en Afrique. Il y a aussi des termites.

      Qu’est ce qui est réellement à l’origine de la promotion que vous faites sur la consommation des chenilles? Une demande forte du marché? Une solution intellectuelle pour imposer une solution?

      Il s’agit d’une réelle volonté de révolutionner à notre manière l’alimentation humaine du 21ème siècle. En effet, nos modes de consommation, nos habitudes alimentaires ont un impact considérable sur notre destinée et force est de constater que tous les changements négatifs qui s’opèrent aujourd’hui sur notre planète sont liés à nos modes de consommation. Pourquoi ne pas changer un peu nos habitudes et optez pour des solutions moins gourmandes en ressources, plus nutritives et moins polluantes ?

    • #17027
      Nicolas Biron
      Modérateur

      Voici d’autres QUESTIONS ET RÉPONSES ADDITIONNELLES sur le séminaire en ligne «Économie circulaire: agriculture, pertes et gaspillage alimentaires», apportées par les intervenants.

      Questions et réponses de Mme Andugar Miñarro:

      Quelles sont les outils et méthodes développés pour la quantification de la perte et gaspillage alimentaire ?

      La CCE a développé une série d’outils accessibles au public sur le site web de l’organisation (http://www3.cec.org/flwm/fr/ ), par exemple :
      • Guide Pratique
      • Rapport Technique
      • Caractérisation et gestion de la PDA en Amérique du Nord – Livre Blanc
      • Caractérisation et gestion de la PDA – Rapport de base (en anglais)

      Concernant les opportunités d’affaires, en quoi consistent les banques alimentaires?

      Les banques alimentaires offrent un soutien inestimable dans les sociétés où l’accès à une alimentation digne n’est pas garanti à une partie de la population à cause de raisons différentes. En termes d’opportunité d’affaires il serait intéressant d’en contacter quelques-uns pour mieux comprendre leur fonctionnement et business case. Exemples in Québec au Canada : https://www.moissonquebec.com/ , https://www.banquesalimentaires.org/

      Le projet croissance verte de la CCE peut-il être répliqué dans d’autres pays ou communautés ?

      Il n’y pas un projet Croissance Verte tel quel. Il s’agit d’une approche qui a servi à la CCE a mettre certains sujets, comme la prévention et réduction de la PDA, en priorité sur l’agenda de travail et développer une série de projets. Cette stratégie est développée dans le Plan Stratégique 2015-2020.

      La sensibilisation diminue souvent avec le temps. Comment faire garder aux jeunes le même enthousiasme pour la réduction des pertes et gaspillage alimentaire une fois les campagnes de sensibilisation terminées?

      Il s’agit d’un travail de longue haleine effectivement, mais qui malheureusement n’est pas toujours possible de continuer si on travaille avec des contraintes comme celle d’un projet avec une vie limitée. Sinon, une campagne devrait suivre la précédente en la complémentant, en allant un pas plus loin en contenu et messages afin de les garder « vivants». Ici le rôle des institutions publiques ou semi-publiques est clé : par exemple le cas de RECYC-QUEBEC dans la province du Québec au Canada, organisation qui contribue à la discussion, formation et sensibilisation sur son web site en continu.

      Questions et réponse de M. Lawani:

      Y a-t-il des données sur les quantités d’aliments gaspillés dans les pays africains?

      La problématique des données statistiques se posent en Afrique avec acuité et c’est pour cela que les données sur les quantités d’aliments gaspillés dans la plupart des pays africains font défaut.

      En agriculture, de nos jours il y a trop de produits chimiques. Comment peut-on réduire l’utilisation des produits chimiques?

      La seule voie pour réduire l’utilisation des produits chimiques est le retour aux bonnes pratiques d’agriculture ancestrale telles : l’assolement, la rotation, la jachère et surtout l’adoption de l’agro écologie en respectant la bio diversité et la fertilité des sols.

      Les pertes et gaspillage dans le domaine agroalimentaire ne sont-ils pas liés à la saisonnalité des produits ou des ressources agricoles?

      Oui en partie les pertes et gaspillage dans le domaine agroalimentaire sont liés à la saisonnalité. Pendant la même période, il y a pléthore de produit et les moyens de transformation et de conservation font défaut. Du coup, les produits sont déversés sur le marché au même moment. L’offre dépassant la demande, une grande quantité est pourrie et perdue.

      Il est constaté, par exemple au Bénin, que les producteurs agricoles sont de la spéculation, parce que l’année dernière elles ont été rentables. ce qui amène à une grande production sans débouché et moyen de transformation à grande échelle (le cas de l’ananas et de la tomate au Bénin)

      Oui c’est réel et les deux produits sus nommés sont évocateurs parce que très périssables.
      Pour la saison de tomate, le prix est tombé jusqu’à 500 f cfa le panier qu’on achèterait à 10.000 f plus tard s il y avait de moyen de conservation ou de transformation

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