Synergies d’action entre les conventions de Rio (SEL 1er sept 2020)

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    • #14971
      Modérateur IFDD
      Modérateur

      Bonjour,

      Le prochain séminaire se tiendra le 1er septembre 2020. Il portera sur la mise en pratique des synergies d’action entre les conventions environnementales de Rio.

      Pour vous inscrire, si ce n’est déjà fait : https://attendee.gotowebinar.com/register/1287659366697635856?source=Academie

      Ce forum est à votre disposition pour poser des questions ou partager vos expériences en lien avec le sujet du séminaire.

      Les diapositives et l’enregistrement seront disponibles quelques jours après le séminaire ici .

      À bientôt!

    • #15028
      Modérateur IFDD
      Modérateur

      Les diapositives et l’enregistrement du séminaire du 1er septembre sont maintenant disponibles! Voir Synergies d’action entre les conventions de Rio

      Nous partagerons sous peu les questions et réponses qui n’ont pas pu être discutées en direct par faute de temps.

      À bientôt, et n’hésitez pas à partager vos réflexions dans ce forum!

    • #15176
      Modérateur IFDD
      Modérateur

      Voici la première série de QUESTIONS ET RÉPONSES ADDITIONNELLES EN LIEN AVEC LE SÉMINAIRE “SYNERGIES D’ACTION DES CONVENTION DE RIO”.

      Nous vous rappelons que seules les questions non traitées en direct sont incluses ici; nous ne répétons pas ce qui a été discuté pendant la période de discussion avec les experts, disponible dans l’enregistrement YouTube et les diapositives.

      Question : Concrètement, comment amener les dirigeants à initier ou encourager les initiatives allant dans le sens de la mise en oeuvre des synergies ces conventions? Comment convaincre les décideurs de la synergie à avoir entre les trois Conventions quand chaque ministère gère une convention? Sur quels leviers devons nous mettre l’accent pour mieux conscientiser nos décideurs sur l’urgence d’appliquer les conventions afin de minimiser les impacts que nous vivons?
      Réponse de JEAN-MAURICE ARBOUR : Cette question est intéressante mais très difficile à répondre. C’est la science seule qui, pour l’essentiel, peut imaginer les solutions aux possibilités des synergies et si la jonction entre la science et le politique ne se réalise pas, que peut-on espérer?
      Quand des chefs de gouvernements nient les constatations et les conclusions les plus sûres des scientifiques et sont entourés de climatosceptiques, que peut-on faire en effet? Voyez ce qui se passe aux USA actuellement…

      Par ailleurs, même si les chefs de gouvernements sont convaincus de la réalité des dangers qui nous menacent, le développement économique, la création d’emplois et l’augmentation du PIB sont les valeurs fondamentales qu’ils privilégient. Il nous faut un véritable changement de culture sur le sens du développement, mais quand on ne voit pas la maison qui brûle, on ne croit pas qu’elle va brûler dans les heures qui viennent. Le problème, c’est que la maison brûle déjà. « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs (Jacques Chirac, Johannesburg 2002). Par où commencer? À la maternelle, sans doute…On parle de développement durable depuis 30 ans. Avons-nous réellement intégrer ses exigences?

      Concernant la synergie, je pense personnellement que l’idée de maintenir un Ministère de l’environnement au sein des machines gouvernementales est, à l’heure du développement durable, une pure aberration, car elle favorise le travail en silo et crée l’illusion qu’on s’occupe bien de l’environnement. L’environnement doit être la préoccupation de tous les ministères, sans exception. Aux gouvernements d’adapter leur structure administrative aux nécessités du développement durable. Le Ministre de l’environnement est, partout et sauf exception, quelle que soit la structure institutionnelle qu’il a sous ses ordres, un empêcheur de tourner en rond qu’on peut ignorer à chaque fois qu’il faut adopter des grosses décisions d’affaires. Les témoignages à cet effet ne manquent pas. Voir notamment le témoignage de Nicolas Huot, ex-ministre de la Transition écologique et solidaire (France 2018 ), lors de sa démission: je ne veux pas donner l’illusion que ma présence au gouvernement signifie qu’on est à la hauteur sur ces enjeux-là.. Aux USA, voyez ce qu’on fait de l’environnement depuis 2016…au nom de la grandeur de l’Amérique. Au Québec, voir le témoignage d’un ancien ministre de l’environnement : (Le ministre de l’Environnement, «l’empêcheur de tourner en rond». Le Devoir 18 avril 2015, [https://www.ledevoir.com/politique/quebec/437672/le-ministre-de-l-environnement-l-empecheur-de-tourner-en-rond].

      Concernant les leviers, je mentionnerais une presse libre, indépendante et éclairée, une opinion publique alerte et sensibilisée aux enjeux environnementaux.

      Question : Concrètement, quelles actions précises mener pour l’adaptation des cadres juridiques existants en facteur des synergies entre les conventions?
      Réponse de JEAN-MAURICE ARBOUR : Je comprends votre question comme signifiant les cadres juridiques nationaux existants. Une idée parmi d’autres. Chaque convention institutionnalise la fonction du Point focal et de correspondants nationaux sous divers aspects. Le Point focal est la courroie de transmission entre le Secrétariat et son gouvernement et vice versa. Je pense personnellement qu’on pourrait peut-être renforcer leur rôle au sein des appareils gouvernementaux en accroissant leurs ressources, en unifiant et institutionnalisant leurs fonctions et en leur adjoignant d’autres intervenants compétents. Ne peut-on pas penser que des décisions gouvernementales importantes ne soient prises que sur avis favorable des Points focaux des trois conventions?

      Pour une réflexion intéressante, je vous donne la référence suivante : Royaume du Maroc /PNUE, Inventaire des trois Conventions de Rio et des synergies entre elles, Rabat, 18 février 2005, p. 14 seq. [https://www.thegef.org/sites/default/files/ncsa-documents/287_0.pdf].

      En me référant à l’intervention de M. Traore, il faudrait voir aussi de quelle manière la structure institutionnelle mise en place au Burkina Faso donne des résultats efficaces dans la pratique administrative de cet État.(Intervention de M Traore).

      Question : Comment les différents fonds internationaux prennent-ils en compte les synergies d’action? Par exemple, le Fonds vert pour le climat. Ou autre.
      Réponse de NABIL BEN KHATRA : Les synergies d’action sont au cœur des stratégies des fonds internationaux qui exigent une référence aux ODD pour toute action à financer. Par exemple, le GEF, qui est le fonds majeur en matière de mise en œuvre des trois conventions de Rio :
      • fait la promotion de l’approche par écosystème dans le but d’accroître l’efficacité dans la gestion des enjeux environnementaux ; et
      • exige que les projets qu’il finance abordent plusieurs de ses aires d’interventions.

      Quant au GCF, il tient compte du développement durable et de la référence aux ODD dans ses critères d’investissement. Ce fonds, qui est un instrument financier de la CCNUCC, accorde également beaucoup d’importance aux deux autres conventions de Rio pour atteindre ses résultats en termes d’adaptation et d’atténuation, notamment ceux liés à la « Foresterie et l’utilisation des terres » et aux « Écosystèmes et services écosystémiques ». De plus, le GCF a mis en place une fenêtre de financement dédiée aux activités REDD+, qui incite à la réduction de la déforestation et de la dégradation des forêts ainsi qu’à l’augmentation des stocks de carbone forestier.

      Question : Comment faire un suivi véritable de la mise en œuvre des synergies des conventions par les décideurs ?
      Réponse de NABIL BEN KHATRA : Un véritable suivi de la mise en œuvre des synergies des conventions par les décideurs passera par des actions concertées à plusieurs niveaux :
      Au niveau global, il faudrait :
      • Doter le Groupe de liaison conjoint des Conventions de Rio d’un plus grand pouvoir décisionnel ;
      • Mettre en place un cadre de reporting harmonisé avec des indicateurs communs ;
      • Créer un agenda commun aux trois conventions pour une prise décision adéquate des décideurs.
      Au niveau national, il faudrait :
      • Veiller à ce que les points focaux des trois conventions soient sous la tutelle du même ministère lorsque cela est possible ;
      • Appuyer la mise en place d’un « Comité des points focaux » qui regroupe les points focaux des trois Conventions de Rio, du GIEC et du FEM pour faciliter la synergie entre les trois Conventions. Ce comité peut être élargi selon les besoins aux représentants des agences d’exécution du FEM (PNUD, PNUE, Banque Mondiale, etc…) et des autres mécanismes de financement (FIDA, GCF, etc…) ;
      • Renforcer les capacités des points focaux et techniciens pour assurer un reporting intégré des activités des trois conventions.

      Question : Ne faut-il pas mettre un accent particulier sur le rôle de la presse et de la société civile pour amener les décideurs a œuvrer dans le sens des accords conclus? Plus largement, quel est le rôle de la société civile dans la mise en œuvre des synergies?
      Réponse de JEAN-MAURICE ARBOUR : Oui, il faut une presse libre, indépendante et éclairée, une opinion publique alerte et sensibilisée aux enjeux environnementaux. C’est une nécessité et une condition préalable à l’avancement des solutions pour un développement durable. C’est une lutte de tous les instants. Mais voyez partout ce qui se passe réellement, même dans les « meilleures » démocraties. Devant le veau d’or du développement économique durable à tout prix, ( et non le développement durable), les ONG environnementales et les oppositions politiques se révèlent rarement des combattantes de poids face à des intérêts financiers et politiques à court terme. Faut-il vraiment donner des exemples? Partout, des vues à court terme, au service d’intérêts à court terme.

    • #15179
      Modérateur IFDD
      Modérateur

      Voici la seconde série de QUESTIONS ET RÉPONSES ADDITIONNELLES EN LIEN AVEC LE SÉMINAIRE “SYNERGIES D’ACTION DES CONVENTION DE RIO”.

      Question : Disposez-vous d’autres exemples de synergies d’action intéressantes, dans d’autres pays que le Burkina Faso?
      Réponse de NABIL BEN KHATRA : Le projet RICOWAS « Accroître la production de riz résilient au climat en Afrique de l’Ouest » en cours de développement met en évidence les synergies entre les conventions de Rio. La note conceptuelle de ce projet régional visant 13 pays de la zone CEDEAO a été endossée par le Fonds d’Adaptation, qui fait partie des mécanismes financiers de la CCNUCC. A travers ses activités de promotion des techniques de conservation des eaux et des sols et de renforcement des capacités en matière de culture du riz résiliente au climat, ce projet va contribuer aux objectifs des trois de Rio dans les pays visés notamment :
      • CNULCD : conservation des sols à travers la promotion de la GDTE ;
      • CDB : maintien de la diversité biologique à travers l’utilisation des espèces locales et promotion des fertilisants naturels ;
      • CCNUCC : diminution des émissions de méthane liées à la culture du riz.

      Question : Le genre constituerait-t-il une synergie entre les trois conventions? Des actions de synergies autour du genre sont-elles promues?
      Réponse de NABIL BEN KHATRA : La communauté internationale reconnaît aujourd’hui l’importance de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes, comme étant un but et un moyen de promouvoir le développement durable des pays, dans le cadre d’une synergie entre les 3 conventions de Rio.
      En effet, la promotion et la prise en compte de l’équité et de l’égalité des genres se manifeste au niveau de ces trois conventions, par (i) la reconnaissance d’un partage juste et équitable des ressources génétiques (CDB), (ii) la participation des femmes et des hommes dans la vie rurale sur un pied d’égalité (CNULD), et (iii) la prise en compte dans les réponses au changement climatique, des conséquences pour les groupes vulnérables, en particulier les femmes et les enfants (CCNUCC).
      L’intervention de l’OSS intègre les préoccupations de ces trois Conventions, tout en tenant compte, de façon transversale, de la question du genre. En effet, et dans le cadre des projets qu’il mène dans sa zone d’intervention, l’OSS a très tôt mis en place une politique genre qui appuie les solutions globales qu’il apporte pour une gestion rationnelle et équitable des ressources naturelles.
      C’est essentiellement au niveau local, où se réalisent les activités concrètes, que le genre, préoccupation transversale est intégré à tous les programmes. La contribution de l’OSS se situe au niveau des activités de sensibilisation, de renforcement des capacités, de suivi- évaluation, de l’échange d’informations, et de la mise en réseau de bases de données.

      Question : Comment mettre en place une base de données communes opérationnelles à ces différentes conventions?
      Réponse de NABIL BEN KHATRA : Pour la mise place une base de données commune opérationnelle à ces différentes conventions il faut :
      • Mettre en place un mécanisme unique chargé de la collecte, de la saisie et de la vérification des données nécessaires à l’alimentation de la base de données des indicateurs. (Approche géo spatiale) ;
      • Développer des indicateurs écologiques et sociaux communs combinant la désertification, la biodiversité et les changements climatiques ;
      • Converger vers un seul type de rapport ou développer une section harmonisation /synergie dans les différents rapports.

      Question : Est-ce que la CNDD en tant que organe de consultation n’est pas freinée dans son travail puisqu’elle est sous l’autorité du département principal en charge de l’environnement?
      Ne serait-il pas mieux de le rendre autonome ou de mieux, la mettre sous la tutelle de la primature?

      Réponse de DO ÉTIENNE TRAORÉ: Le Conseil National pour le Développement Durable (CNDD) est un organe de coordination de la mise en œuvre des outils de Développement Durable (DD), d’impulsion et d’orientation des actions en faveur du DD. A ce titre, il veille à la promotion et à la prise en compte du DD dans les lois et règlements, les programmes et projets de développement, les plans, les politiques, les stratégies ainsi que dans les activités des acteurs étatiques et non étatiques.
      Notez que le CNDD est constitué de la Conférence Nationale sur le DD (CANADD) et le Secrétariat Permanent du Conseil National pour le DD (SP/CNDD). La conférence est l’organe suprême du CNDD et comprend le bureau de la conférence (président : premier Ministre et premier vice-président le Ministre de l’environnement) et les membres (membres du gouvernement, représentants de tous les départements ministériels, les gouverneurs des régions, les représentants de l’association des régions, le représentant des associations des municipalités, les représentants du secteur privé, des OSC, des autorités coutumières, des autorités religieuses et des personnes ressources).
      Le SP/CNDD est l’organe d’exécution et de la mise en œuvre des missions de la Conférence Nationale sur le DD. Les options proposées dans la question en lien avec son rattachement à la primature à l’image du Niger ont fait l’objet de débats au niveau national. Plusieurs arguments solides ont permis de prendre la décision de son maintien au niveau du ministère de l’environnement qui assure la vice-présidence de la conférence. A ce jour le SP/CNDD n’est pas pas tout à fait freinée dans son travail.

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